Correspondant aujourd’hui au côté est du réservoir Manicouagan, le lac Manicouagan était historiquement un lieu de rencontre et d'échanges commerciaux pour les peuples papinachois de l'intérieur et du littoral (correspondant aux actuelles communautés innu et naskapi). Cela fut documenté en 1640 (Frenette et Messier 2007).
Historiquement, l'arrière-pays manicois a surtout été fréquenté par les communautés innues, et plus récemment par certains chasseurs et pourvoyeurs. Ainsi, l'astroblème se situe au sein du territoire ancestral des Innus, le Nitassinan. Cette communauté autochtone revendique des droits territoriaux sur le Nitassinan. La réserve de castors de Bersimis, de la communauté innue de Pessamit, couvre un territoire qui inclut l’île René-Lévasseur. Le site web de la communauté innue de Pessamit est www.pessamit.ca Aussi, il existe présentement plus d’une cinquantaine de chalets et baux fonciers sur l’île, pour environ une centaine de chasseurs et pêcheurs. La première intervention à grande échelle dans le territoire a débuté en 1959: il s'agit de la construction du barrage Daniel-Johnson. Les rivières Manicouagan et Mouchalagane furent inondées, créant ainsi le réservoir Manicouagan. De ce fait, l'astroblème est devenu une île. Ce n’est qu’en 1997 que l’écosystème de l’astroblème devenait pour la première fois la cible de l’exploitation industrielle, plus précisément l’industrie forestière. La compagnie Kruger inc. y a coupé 4572 hectares de forêt entre 2004 et 2008, incluant la récolte du bois brûlé suite à un incendie de forêt, telle que permis par ordonnance de la Cour. Depuis 2006, du reboisement a été fait su 3528 hectares. En 2009, Kruger inc. abandonnait son CAAF (contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier) sur l'île Levasseur en échange d'une compensation monétaire de 7,3 millions de dollars de la part du gouvernement québécois. Cette photographie aérienne (à gauche) a été prise alors que les expéditeurs de SOS Levasseur se rendaient sur l'île pour y faire l'inventaire forestier de certains secteurs choisis aléatoirement. La différence entre la forêt luxuriante dans laquelle ils ont vécu pendant quelques semaines et ce paysage désolé, mis à nu, était frappante. |
