Origine de l'île

Imaginez l'impact d'une météorite de 5 kilomètres de diamètre,
quelque part dans le nord de la région que l'on nomme aujourd'hui le Québec. L'île René-Levasseur aurait pris forme il y a de cela quelque 214 millions d'années. De ce fait, elle constitue un astroblème, soit un cratère météoritique fossile ou partiellement érodé (réf: Encyclopédie Universalis). Également appelée astroblème Manicouagan, l'île est le quatrième plus grand astroblème du monde: tout un honneur pour les Québécois!


 
« L’île René-Levasseur appartient à la province géologique de Grenville, constituée de roches précambriennes ayant été déformées lors des orogenèses labradorienne et grenvillienne, il y a plus d’un milliard d’années. L’assise géologique est en très grande partie composée d’impactites, soit des roches ayant subi une recristallisation à la suite d’un impact météoritique. En bordure du réservoir Manicouagan, le socle rocheux est aussi constitué de roches métamorphiques, notamment de gneiss et de paragneiss. »

- (SQAP, 2008)



Photos de l'Île sur Google Earth


En visitant l'Île René-Levasseur sur le site de Google Earth, vous pouvez admirer plusieurs photos prises par Christian Besnier, de l'organisme RÉVA, lors d'expéditions scientifiques.


Coordonnées de l'Île : 51 20'N, 068 40'W

Zoomez sur l'île et cliquez sur les points bleus et blancs





" Une forêt ancienne abritant une biodiversité exceptionnelle


L'île René-Levasseur abrite une forêt ancienne. À lui seul, cet énoncé est lourd de sens. Les forêts anciennes reculent de plus en plus rapidement devant la surexploitation humaine. Cet écocide aveuglement accepté, et même encouragé par l'industrie et nos gouvernements, met en péril la biodiversité (des milliers d'espèces disparaissent chaque année). Conséquemment, le maintien de la vie sur terre est de plus en plus précaire.

Nous avons la responsabilité de protéger l'une des dernières forêts intactes du Québec. En effet, ayant été à l'abri des feux de forêt grâce aux multiples plans d'eau qui l'entourent et à la création de l'île, cette forêt abrite un écosystème qui est riche, complexe, diversifié et peu connu. De plus, la difficulté d'accès à l'île l'a protégée de l'exploitation humaine jusqu'à tout récemment.

Plusieurs peuplements de l'île atteignent plus de 300 ans et possèdent plusieurs strates de végétation, une abondance de débris ligneux et de chicots ainsi que plusieurs espèces fauniques caractéristiques. En fait, la presque totalité de l'île est constituée de vieilles classes d'arbres. Le troisième inventaire forestier décennal nous apprend que 74% de la surface de l'île se compose de vieux couvert (des arbres ayant plus de 100 ans). À noter d'ailleurs que seulement 11% de la surface de l'île est constituée de surfaces dénudées (sèches et humides).

Malgré la richesse des caractéristiques écologiques recueillies par certaines observations, il n'existe aucun inventaire complet de la faune et de la flore de l'île, exception faite de quelques espèces «d'intérêt commercial», telles que l'orignal. La dynamique particulière des écosystèmes anciens n'est pas bien connue. De plus, les perturbations entraînées par les coupes forestières en milieu insulaire diffèrent énormément des autres milieux. On peut s'attendre à ce que les coupes forestières (4572 ha), l'incendie de forêt (8782 ha) et le reboisement commercial (3528 ha) s'étant produits depuis 2004 n'ont pu que perturber l'écosystème et ses espèces.


Ces espèces sont le martre d'Amérique, le pic à dos noir, le pic tridactyle, le lynx du Canada, le caribou des bois, le loup, l'ours noir, l'orignal, le renard, le grimpereau et le carcajou. "

Sources:
Aires protégés des monts Groulx et de l'île René-Levasseur, SNAP
Jean-Francois Bergeron, MRNFP, 2003b